« Le fonctionnement du service des droits étrangers au sein d’une maison d’édition » (Charlotte Larat)

Photo : Gwendolyne Delisle

Le mardi 4 décembre 2012, les deux promotions du Master des métiers de l’Édition ont été conviées par le Master de Traduction Littéraire de l’ITI-RI pour assister à une conférence sur le thème des droits étrangers, animée par Charlotte Larat, une intervenante du Master Édition.

Mme Larat, actuellement agent littéraire à son propre compte, prend quelques minutes pour retracer les grandes lignes de son parcours universitaire et professionnel. Après treize années d’études de littérature et de théâtre en Allemagne, elle a quitté les bancs de l’université et enchaîné des petits boulots dans des maisons d’édition et des organismes de presse allemands, avant de suivre une formation de libraire. Pour elle, entrer dans la profession par la voie « pratique » semblait être la solution la plus appropriée.

La première fois qu’elle s’est vue attribuer un poste dans le département des droits étrangers dans une maison d’édition, Mme Larat ne connaissait absolument rien à ce domaine, et a été contrainte d’apprendre « sur le tas ». Cela lui a permis de découvrir plusieurs nouvelles facettes des métiers qu’il était possible d’effectuer au sein d’une maison d’édition, ainsi que d’y voir plus clair sur la façon dont elle désirait évoluer par la suite.

Lorsque son responsable a décidé de prendre un congé sabbatique pour faire le tour du monde, Mme Larat s’est retrouvé à la tête de la maison d’édition, endossant une multitude de responsabilités. Encore une fois, elle devait gérer des tâches auxquelles elle n’avait pas été formée, mais d’après elle, le meilleur apprentissage est l’apprentissage pratique.

Lorsque son mari a voulu rentrer en France, le couple a déménagé à Strasbourg. Mme Larat, ne désirant plus entrer dans une nouvelle maison d’édition, a décidé de faire jouer ses contacts pour se mettre à son propre compte. Elle a donc fondé sa propre micro-entreprise, Rights and Audio, en tant qu’agent littéraire, et elle travaille avec de nombreux créateurs, éditeurs ou illustrateurs.

Après cette présentation personnelle très vivante, Charlotte Larat cherche à établir davantage de contact avec les étudiants présents dans l’amphithéâtre. Elle aborde donc le sujet de sa conférence en leur demandant s’ils connaissent les différentes étapes de la chaîne du livre et s’ils savent comment est-ce que les choses se déroulent dans la maison d’édition avant l’intervention du département des droits étrangers. Suite à quelques réponses un peu hésitantes au début, les apprentis-éditeurs prennent de l’assurance, et Mme Larat prend soin de noter chacune de leurs réponses au tableau. Elle explique ensuite quels sont les moyens pour les auteurs de protéger leurs œuvres, et comment s’opposer à toute forme de plagiat. Car d’après elle, même si « tout a déjà été écrit », la façon d’écrire et de décrire les choses est unique pour chaque auteur.

Le contrat d’édition

Quand l’éditeur accepte un manuscrit, il doit alors mettre au point un contrat d’édition en accord avec l’auteur. Dans chacun de ses contrats, les écrivains doivent adhérer à une clause qui garantit que l’œuvre est bien leur propre création, et non pas une copie ou un plagiat. Cherchant toujours à interagir avec les étudiants, Mme Larat leur demande une nouvelle intervention : quelles sont les données qui doivent apparaître dans un contrat d’édition ? Bien que les avis divergent parfois, elle parvient à dresser une liste bien fournie au tableau, et insiste ensuite sur les obligations que l’auteur et l’éditeur ont l’un envers l’autre. Elle précise que l’auteur et l’éditeur sont liés par le contrat aussi longtemps que le livre est disponible en librairie ou par commande. Si celui-ci n’est pas réimprimé, l’auteur peut faire retomber et récupérer les droits de son œuvre.

Utilisant avec tact sa propre expérience professionnelle, Mme Larat prend soin de détailler chacun des composants d’un contrat d’édition, les illustrant à chaque fois d’exemples. Passionnée, elle réussit à captiver son auditoire, qui ne se fait pas prier pour lui poser des questions. Concernant la rémunération, un point abordé à plusieurs reprises lors de la conférence et qui soulève de nombreuses interrogations de la part des étudiants, elle explique que les auteurs ont le droit de rompre leur contrat avec l’éditeur à tout moment si celui-ci ne respecte pas la rémunération prévue par le contrat.

Les droits de traduction

La conférence étant organisée par le Master de Traduction Littéraire de l’ITI-RI, ces étudiants ont notamment désiré en savoir davantage sur les droits de traduction d’une œuvre. Charlotte Larat souligne l’importance de ce facteur pour l’auteur, car la traduction d’un ouvrage lui rapporte beaucoup d’argent. Le traducteur est généralement rémunéré par un pourcentage des ventes du livre.

Photo : Gwendolyne Delisle

D’autre part, lorsqu’un traducteur trouve un ouvrage qui lui plaît beaucoup et qu’il souhaiterait traduire, il doit contacter le service des droits étrangers de la maison d’édition du livre en question. Il est préférable qu’il sache quelle maison d’édition française pourrait « accueillir » ce livre par la suite. Après avoir effectué des études et des recherches de marché, les traducteurs peuvent donc se lancer, et pourquoi pas être à l’origine de la publication d’un ouvrage par une maison d’édition.

Pour conclure sa présentation, Charlotte Larat répond avec enthousiasme aux dernières questions posées par les étudiants, et elle communique son adresse e-mail, leur proposant de la contacter pour lui demander certains liens complémentaires en relation avec le sujet de la conférence, qui pourraient être intéressants pour appuyer ses propos. Il va sans dire qu’en plus d’avoir su capter l’attention de son auditoire grâce à sa prestance et sa vivacité, Madame Larat a su susciter des vocations chez certains étudiants présents, traducteurs comme éditeurs.

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