La recherche d’un master édition, un parcours du combattant ?

Avant d’avoir décidé de faire un Master professionnel d’édition, on peut être sûr que l’on est passé par différents stades, le premier étant : « mais que vais-je faire de ma vie ? ». Phrase existentielle, certes, mais qui vous a été adressée par vos parents, votre famille toute entière, vos professeurs et même par vos amis. La pression est donc grande et il ne faut pas se tromper, malgré le peu d’outils qui sont en notre possession. Ben oui, comment peut-on savoir ce que l’on veut faire plus tard et ce, sans expérience professionnelle et sans véritable contact avec le monde du travail ? Malgré cela, le monde de l’édition s’est donc imposé à nous, et ce, grâce à des livres et des films qui nous ont fait fantasmer, à quelques recherches ou encore avec l’aide de quelques connaissances. Bref l’édition nous est apparue comme le Saint Graal du métier, grâce à ce qui nous entoure, comme ceux qui étant petits, rêvaient de devenir super-héro ou princesse. Cette nouvelle vocation, bien peu courante, promet d’être difficilement accessible, comme en atteste l’Onisep par des phrases telles que : « Dans l’édition, il y a pléthore de candidats et peu de postes proposés. » ou encore « Peu de postes, des salaires modestes […] ». Si malgré ces affirmations nous ne nous sommes pas enfui en courant, nous pouvons continuer notre parcours du combattant ensemble.

Le second stade est alors : « comment puis-je devenir assistant(e) d’édition ou éditeur(trice) ? ». S’en suit de longues heures passées sur Internet à chercher les différentes formations possibles, mais également quelques rendez-vous avec un(e) conseiller(ère) d’orientation qui ne saura pas vous dire autre chose que : « L’édition ? Vous voulez faire de l’édition ? Ah ben non, je ne sais pas vraiment quelle formation vous pouvez faire… mais vous savez c’est pas facile-facile vu le contexte, hein ! ». Et si l’on ne se décourage toujours pas malgré cela, c’est qu’on en veut : c’est bien… nous allons en avoir besoin. Les différents types de formations s’offrent alors à nous, des formations qui semblent identiques, sans vraiment l’être : Licence Pro, BTS, DUT, Master de Sciences Humaines, Master Pro… car comme le dit si bien l’Onisep : « Il n’existe pas de formation spécifique pour devenir éditeur ». Il faut alors bien évaluer son niveau, ce qu’on veut exactement faire à la sortie de notre diplôme et réfléchir à ce qui pourrait nous rendre original.

Si vous êtes sur ce blog, c’est alors probablement que le choix du Master professionnel d’édition s’est imposé à vous. En effet, il semble assez surprenant de tomber dessus par hasard, même si ce n’est pas impossible. Ce Master est donc une possibilité à étudier pour votre avenir et quoi de mieux que ce blog pour en savoir un peu plus ? Malheureusement tous les Masters ne peuvent pas se targuer d’avoir une page internet uniquement dédiée à leur formation : la plupart du temps, celles-ci seront décrites sur le site Internet de la faculté du Master et cette page restera souvent assez succincte. Les informations portent en effet sur les profils recherchés, la durée de la formation, ses débouchés (qui, nous pouvons le dire, sont parfois assez vagues), quelques intitulés de cours, eux-mêmes plus ou moins précis, et les conditions d’accès, accompagnées d’un contact. Cela semble plutôt bien pourrions-nous dire. Cependant, allez comparer une petite dizaine de Masters faisant la même chose et choisissez ! Ce serait comme choisir une variété de pommes parmi tant d’autres, sans avoir accès à des avis d’experts, et sans savoir si le goût nous plaira ou non : et si je me retrouvais avec des pommes à déguster alors que je souhaitais des pommes à cuire pour en faire une tarte tatin ? Non, il faut creuser, se renseigner, envoyer des mails aux contacts des Masters pour poser maintes questions, fouiner, désespérer et puis recommencer encore. Le flou est le plus total puis il se précise peu à peu, selon des sources plus ou moins fiables, mais toujours insatisfaisantes pour les questions que l’on se pose : que vaut ce Master ? Les enseignements sont-ils bons ? Vont t’ils me permettre de trouver un travail ? Le Master a-t-il des partenariats avec des maisons d’édition qui me permettront de trouver un stage ? Ce Master est-il reconnu par les professionnels du monde du livre ? Ces réponses nous les trouverons rarement, voire jamais, écrites noir sur blanc. Elles seront sous-entendues sur certains forums, à savoir que les avis seront toujours liés à une personne, rarement impartiale. Fions nous donc alors à ce qui compte vraiment pour nous et à ce sur quoi nous pouvons nous reposer : les cours, l’accessibilité des contacts et leur gentillesse (oui ça compte), les avantages propres à chaque Master et la future ville où l’on risque de vivre durant deux années.

Le dernier stade est alors celui de l’accession au Master : vous avez préparé plusieurs dossiers de candidature aux Masters, dont une lettre de motivation. Cette lettre est votre vitrine : elle promet des choses en apparence, qui doivent attirer la clientèle. Plus précisément on est supposé la structurer comme pour une demande d’emploi, c’est-à-dire qu’il faut bien sûr expliquer son parcours, ce que chaque étape nous a apporté, mais également ce qui nous rend original (année à l’étranger, hobby en rapport avec l’édition, stage dans le monde du livre), ce que l’on peut apporter au Master et ce qui nous intéresse dans ce Master spécifiquement. Nous sommes alors au mois d’avril-mai, les réponses des Masters arrivent enfin. Certains d’entre eux ont dit oui, d’autres non. Et puis certains disent oui mais sous réserve d’un entretien, comme celui de Strasbourg. Donc on y va, tout angoissés que nous sommes et on attend notre tour. Pour se sentir plus à l’aise dans cet entretien, n’hésitons pas à bien revoir les informations que nous avons offert dans notre lettre de motivation : comme dit précédemment, cette lettre est notre vitrine, il serait donc malvenu de ne plus se souvenir de ce que nous y avons dit et par conséquent, de faire croire à nos interlocuteurs que ce contenu était faux. À cela n’oublions pas qu’il est vraiment important de bien se renseigner sur le Master, pour pouvoir en discuter lors de l’entretien et montrer qu’on a bien fait ses devoirs.

Enfin, ça y est : on se présente, face à deux professeurs, plutôt engageants et sympathiques, qui vont nous aider à nous dépatouiller quand le stress revient et que l’on perd nos mots. Les questions viennent, l’entretien ressemble à présent plus à une discussion et l’atmosphère se détend. Finalement non, l’entretien se poursuit mais en anglais: on se sent de nouveau plein de doutes et on bafouille. Heureusement, nos interlocuteurs ne cherchent qu’à évaluer notre niveau, le tout fait avec patience. Gardons à l’esprit qu’il faut avoir confiance en soi, pour savoir se vendre de la meilleure façon possible, même si on n’y croit pas forcément. Plus tard dans la journée, a lieu l’entretien en allemand (pour ceux dont c’est la deuxième langue vivante), avec deux Allemandes qui seront nos professeurs si nous sommes pris. Là encore, on cherche à évaluer notre niveau avec des questions portant sur l’édition, pourquoi l’on souhaite intégrer ce Master, ce qui nous voudrions publier si nous pouvions choisir. Si on est à l’aise en allemand, tout se passera bien, les dames sont engageantes. Si on est nul : l’horreur… ou plutôt un mauvais moment à passer, mais il faut savoir que nos interlocutrices nous aideront le plus possible.

La réponse du Master sur notre acceptation ou non arrivera enfin durant le mois de juillet. En cas de réponse positive, ça y est, on respire, on peut enfin profiter de l’été. Si en revanche la réponse est négative, n’oublions pas que nous sommes sur un parcours du combattant et que les réponses négatives font partie du jeu.

Rédigé par Camille Therville

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