Sauvetage du salon du livre à Besançon

Photo du salon du livre de Besançon
Salon du livre de Besançon. Photo : Coralie Jeannot

Vous connaissez sans doute Besançon pour la richesse de son patrimoine historique et architectural, la Citadelle conçue par Vauban, son Opéra-théâtre, ses vestiges gallo-romains, ses églises et ses hôtels particuliers. Ce nom ne vous dit rien ? Pour ceux qui n’arrivent pas vraiment à situer cette ville où il fait bon vivre, Besançon est la capitale de la Franche-Comté, logée au cœur de la boucle du Doubs. Depuis 2002, cette ville de culture est réputée pour son salon du livre, financé par le conseil départemental et considéré comme le sixième Salon du livre français de la rentrée littéraire.  Ce festival, baptisé « Mots Doubs », se déroulait en septembre, sous le parrainage de grands écrivains.

Mais voilà, pour la quinzième édition du salon du livre, les passionnés ont reçu il y a quelques mois la tragique nouvelle de sa suspension par le Conseil général du Doubs. Si celle-ci est annoncée comme temporaire, elle n’en soulève pas moins la polémique. Outre la suspicion d’une décision budgétaire déguisée en ces temps de crise, les acteurs culturels comme les lecteurs déplorent une année blanche, synonyme de perte culturelle et économique.

A bien des égards, le festival des « Mots Doubs » fait partie de l’identité culturelle de Besançon et l’attachement des bisontins pour la manifestation est fort. C’est pourquoi la Ville de Besançon et la communauté d’agglomération ont pris la décision de faire renaître l’événement, épaulées par un collectif de libraires, de commerçants et d’acteurs du monde de la culture. Les bisontins ont donné un nouveau nom au festival, « Livres dans la boucle », en votant en avril dernier par Internet.

Quelle ne fut pas ma joie de découvrir le nouveau salon les 17 et 18 septembre, sous un format entièrement repensé, mettant en valeur les lieux de culture de Besançon. Bisontine d’origine, habituée du rendez-vous et grande passionnée de littérature, je ne pouvais manquer cette nouvelle édition miraculeusement « rescapée ».

Les traditionnelles journées de dédicaces sur les stands des libraires se sont déroulées dans un nouveau lieu aménagé pour l’occasion près du parking des Beaux-arts. Elles ont été rythmées par une grande diversité d’animations littéraires qui nous ont permis d’approfondir notre connaissance des auteurs présents. Le vendredi soir, les lecteurs ont pu rencontrer certains écrivains lors d’apéritifs littéraires organisés en nocturne chez les libraires. Les lectures publiques et les entretiens avec les grands invités se sont multipliés tout au long du week-end dans les lieux emblématiques de Besançon : au  Centre dramatique national, au Scènacle, à la Maison Victor Hugo, à l’Hôpital Saint-Jacques et à l’Hôtel de Clévans.

Rompant avec le système du parrainage ou de la présidence, le nouveau festival a fait le choix d’élargir cette mise à l’honneur en invitant une pléthore de grands écrivains. Vous reconnaîtrez l’auteur du roman Un amour impossible récompensé par le Prix Décembre 2015, Christine Angot, ou encore David Foenkinos qui a connu le succès avec La Délicatesse et Charlotte, récompensés par les prix Renaudot et le Goncourt des Lycéens. Autres invités, Alain Mabanckou qui présente son nouvel essai Le Monde est mon langage après sa nomination au Collège de France et Yasmina Khadra, connu du grand public et déjà primé à de nombreuses reprises, pour ne citer qu’eux.

Cette nouvelle édition du festival des « Livres dans la boucle » m’a semblé très réussie. La multiplicité de ses formes et de ses lieux a permis une rencontre dynamique, bien sûr avec les auteurs mais aussi avec les lieux de culture ou de patrimoine historique de la ville. Les Cafés littéraires, menés pertinemment par les journalistes de la revue Lire, réunissaient des auteurs aux thèmes ou aux problématiques semblables. Ils permettaient aux lecteurs de découvrir en profondeur le travail d’écriture et de recherche des écrivains,  leurs motivations, leurs visions du style et de la littérature. La force du salon réside également dans sa diversité. Entre la littérature générale, régionale ou étrangère, la bande dessinée, le roman policier, le roman engagé, historique, ou philosophique, l’intérêt de tous les lecteurs a pu être comblé. Les « Livres dans la boucle » s’adressaient aussi aux enfants et aux adolescents, qui ont pu trouver leur bonheur dans un secteur jeunesse riche en albums, en bandes dessinées ou en romans.

Par chance, étaient présents au salon trois auteurs que nous étudions dans le cadre d’un projet d’étude sur la rentrée littéraire : Leïla Slimani, Jean-Baptiste del Amo et Léonora Miano. Après avoir obtenu mes précieuses dédicaces, j’ai pu assister à l’entretien de Leïla Slimani à propos de son deuxième roman Chanson douce et de Jean-Baptiste del Amo à propos de son quatrième roman Règne animal. Ce fut très enrichissant de pouvoir rencontrer en personne ces auteurs et de les entendre parler de leur livre.

Dans les mois à venir nous aurons le plaisir de vous présenter nos critiques d’une sélection d’ouvrages de la rentrée littéraire. Dès à présent nous vous invitons à venir nous rencontrer à la librairie Kléber le 16 novembre prochain pour échanger sur ces œuvres autour d’une table-ronde.

Rédigé par Coralie Jeannot

 

 

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