Grands crayons pour petits lecteurs

C’est en beauté que s’est ouverte la 5ème édition de Schilick On Carnet vendredi 11 novembre. Pourquoi en beauté nous demanderez-vous ? Nous vous répondrons que la foule de gamins et de parents surexcités qui se sont pressés dès l’ouverture des portes pourrait bien être le facteur-clé de ce succès. Pour ceux qui, comme nous, le découvrent pour la première fois, ce festival a été créé pour célébrer le travail des personnes qui se cachent derrière ces petits bijoux qui éveillent les sens et la sensibilité artistique des plus jeunes : les livres illustrés pour enfants. La région alsacienne contribue grandement au peuplement de cette espèce que sont les illustrateurs et c’est tout naturellement à Schiltigheim, au cœur de l’Alsace, qu’un salon est tout entièrement dédié à l’illustration et au livre jeunesse.

Schilick on Carnet, késako ?

Ce bébé-là fête aujourd’hui son cinquième anniversaire et ne cesse de grandir. En effet, dès le premier jour, la salle était bondée. On y observe des enfants qui s’enthousiasment devant les livres et des parents tout aussi excités de rencontrer les auteurs et qui encouragent leurs enfants dans cette passion. On découvre rapidement que les tout-petits sont de fidèles lecteurs, et qu’ils portent un grand intérêt à la collection des signatures de leurs auteurs et illustrateurs favoris, malgré leur jeune (voire très jeune) âge.

Il faut dire que cet enthousiasme fait honneur à l’équipe qui a mis sur pied ce festival. Ce sont avant tout les libraires passionnés de la librairie Totem qui se sont démenés pour mener cette journée à bien, tout en restant joviaux et serviables. Eugénie et toute son équipe ont su concilier écoute et efficacité, tant envers les visiteurs que les bénévoles. Il ne faut pas oublier également les co-fondateurs de ce projet que sont la mairie de Schiltigheim et l’illustrateur résidant dans la ville, Christian Heinrich.

De quoi se dépatouiller, même pour les plus dissipés…

La Haute École des Arts du Rhin s’est jointe au mouvement et ses étudiants ont dévoué leur temps à satisfaire les demandes et envies des enfants, en leur dessinant des petits croquis pour leur plus grand plaisir. Ils s’en sont donnés à cœur joie, armés d’aquarelle, de crayon gras ou de feutre, pour personnaliser les feuilles que leur tendaient ces petites têtes blondes impressionnées devant une telle dextérité. Qui sait si certains ne se sont pas mis à rêver la nuit suivante de devenir eux aussi dessinateurs ?

Les organisateurs ont de plus créé une chasse au trésor pour inciter les enfants à feuilleter tous les livres présents, ne se doutant pas que les parents se prendraient eux aussi au jeu. En effet, tous désiraient décrocher le précieux sésame, à savoir le magnifique sac à l’effigie du festival, dessiné par Lucie Albon, présente sur le salon. De nombreux illustrateurs étaient eux aussi prêts à enchaîner dédicaces et dessins en ce week-end du 11 novembre. On peut citer entre autres Benjamin Strickler, artiste strasbourgeois, et Philippe Matter, l’auteur de la collection Mini-loup, héros chéri par petits et grands. C’est d’ailleurs sur le stand de ce dernier que la fréquentation était la plus forte, obligeant les visiteurs à user de stratégies et à jouer des coudes pour s’emparer d’un ouvrage.

Mais Schilick on Carnet c’est aussi des vidéos, des concerts, des journaux auxquels participent les enfants, des ateliers de dessin et plus encore. En effet le festival ne se limite pas à ces trois journées, puisque les illustrateurs vont jusqu’à visiter les classes des villes et villages alentours pour transmettre leur passion aux enfants. L’association Tôt ou t’art, s’impliquant dans la réinsertion sociale par l’intermédiaire de biens culturels, s’est également affiliée au festival. Elle y a réalisé une collecte d’ouvrages de littérature jeunesse neufs ou d’occasion pour les offrir aux personnes nécessiteuses.

Coups de cœur (et coup de vieux ?)

Pour commémorer la 5ème édition de ce festival  nous vous proposons cinq œuvres qui nous ont marquées :

lehc3a9rosLe héros, de Pierre Cornuel proposé par les éditions HongFei. Ce chef d’œuvre présente l’histoire de Zhou Chu, un personnage brutal qui doit vaincre un tigre et un monstrueux poisson mais aussi l’opinion de son peuple qui le déteste et le craint.  La beauté des dessins s’inspirant et reproduisant l’art chinois nous a fortement impressionnées.

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 ‘s kleine bibbele will àn’s meer, de Christian Heinrich et Christian Jolibois, des éditions La Nuée Bleue. En plus de cet ouvrage, c’est la présence d’œuvres traduites en alsacien sur le salon qui nous a éblouies. En effet, on retrouve, disséminés dans les livres, des titres alsaciens qui montrent l’effort des créateurs et des auteurs pour entretenir ce patois, un merveilleux exemple pour toutes les langues régionales qui font tout pour se maintenir.

La collection Les p’tites poules est la pièce maîtresse de ce duo de dessinateurs et était une des grandes favorites du salon, puisque les piles de livres devaient constamment être remplies. Cela peut s’expliquer par les très éclatantes  couleurs qui attirent le regard.

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A l’intérieur des méchants, de Clotilde Perrine. Ce magnifique volume a été très apprécié. Plus d’un parent quittait le bâtiment avec un exemplaire sous le bras, tout enchanté par sa trouvaille. Ce livre présente trois méchants typiques et leurs « horribles » atouts. On aime le format, l’idée, les dessins. Le livre semble trouver son succès et son public au-delà du salon puisqu’il orne déjà de nombreuses vitrines des librairies strasbourgeoises. Bref, nous en redemanderons à cette illustratrice.

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Doudou, de Benoît Charlat, aux éditions Sarbacane. La douceur  du trait donne à ce petit livre d’éveil, membre d’une longue collection d’ouvrages tendres dans le genre, une personnalité tout en finesse et naïveté. En plus du dessin sucré, on aime le thème du doudou, qui nous rappelle qu’on a tous été follement attachés à  une peluche élimée durant nos plus jeunes années.

Ce livre fait partie des nombreux ouvrages destinés aux tout-petits-petits que l’on a pu retrouver sur le salon. Il nous a tout de suite interpellées par son évocation simple mais délicate des débuts de l’enfance.

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Les couleurs de Lili, de Lucie Albon, chez L’Élan Vert.  Cet ouvrage, pour les plus jeunes également, se veut ludique  et amusant. Comme en témoignent les traces de doigts sur la couverture, différentes techniques d’illustration s’entremêlent dans ce livre qui veut faire découvrir aux jeunes enfants les couleurs.

Ce petit livre plein de fantaisie fait partie de la collection Du bout des doigts, où Lili la souris apprend tour-à-tour à ses jeunes lecteurs les saisons, l’alphabet, les chiffres… Les anciennes enfants que nous sommes ne peuvent qu’être conquises par ces ouvrages pleins de bienveillance et de pédagogie.

Rédigé par Wendy Noel, Lisa Carré et Wanda Banach.

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