Petit pays, un voyage au Burundi

C’est l’un des romans phare de la rentrée littéraire 2016 : Petit pays, le premier roman de Gaël Faye, s’est distingué par sa présence sur la liste de plusieurs prix d’automne. Il a d’ailleurs reçu le prix du roman FNAC et le prix Goncourt des lycéens. Voici l’avis des étudiants du master sur ce livre qui n’a pas fini de faire parler de lui !

Jaquette de Petit pays, Grasset
Jaquette de Petit pays, Grasset

Gabriel vit et travaille en région parisienne sans y habiter vraiment. Il appartient toujours à un ailleurs où il brûle et craint à la fois de retourner. Car Gabriel est né au Burundi, qui est pour lui le pays du bonheur et de l’enfance, mais qu’il a dû quitter dans le sang et les larmes quand il avait treize ans. Alors qu’au Rwanda, les Hutus décimaient les Tutsis, le Burundi était déchiré par la guerre civile entre ces deux peuples. Gabriel va vous raconter son histoire, celle des deux années qui ont précédé l’exil, quand la plénitude de l’enfance a lentement laissé place à l’horreur.

Mais n’ayez crainte : ce roman, c’est d’abord l’histoire d’un enfant, de ses joies et des cocons qui l’ont abrité – la maison familiale, la planque où tous les copains se retrouvaient. C’est un voyage au Burundi, un hommage à un pays que l’on connaît peu, mais que l’auteur nous fait toucher du doigt par une écriture très imagée.

C’est aussi l’histoire du changement inexorable, que l’on voudrait empêcher, retarder, mais auquel, finalement, on ne peut échapper. À travers les yeux d’un enfant, l’absurdité de la guerre qui se déclare au Rwanda puis au Burundi apparaît nettement. C’est le monde des adultes qui fait irruption de manière extrême. Alors que Gabriel voudrait pouvoir continuer à être seulement lui-même, le monde semble soudain se diviser en deux camps et tous, jusqu’à ses amis guère plus âgés que lui, le poussent à se définir comme appartenant à l’un ou l’autre.

Petit pays est finalement un roman universel dans lequel tout le monde peut se retrouver, même s’il aborde des évènements historiques très spécifiques. Il est porté par un style limpide et un rythme entraînant – ce qui n’est guère étonnant lorsque l’on sait que Gaël Faye est également auteur-compositeur-interprète. Il résonne d’une façon particulière dans le contexte actuel en nous rappelant que nous sommes tous, avant tout, des êtres humains, et en nous faisant entrevoir le point de vue de l’autre pour nous montrer que rien n’est jamais ni tout noir ni tout blanc.

Ce texte est basé sur des faits réels, puisque son auteur, Gaël Faye, est né en 1982 au Burundi, d’un père français et d’une mère rwandaise, tout comme son narrateur Gabriel. Il a été contraint de le quitter lorsqu’il avait treize ans, en 1995. Pour écrire ce bel hommage à son pays natal, il s’est inspiré de sa propre histoire mais aussi de ce que d’autres lui ont raconté sur cette période.

Si le style pourrait sans doute être porté encore plus haut, nous avons été profondément touchés par la façon dont Gaël Faye raconte le Burundi, tout entier, le meilleur comme le pire, par la justesse de ses mots sur l’exil et l’identité.

Pour aller plus loin, la chanson Petit pays, écrite, composée et interprétée par Gaël Faye.

Écrit par Jeanne Bucher, Aude Federspiel et Coralie Jeannot

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s