« La BD ? Ce n’est pas de la littérature ! »

C’est vrai ! Et c’est tout à son honneur ! La bande dessinée est un art composite qui s’inspire du théâtre, du cinéma, de la peinture et de la littérature également. En mettant en rapport les images et les textes elle crée un discours plus riche, plus intense. Cet art est injustement méprisé, considéré comme un art mineur et à destination des mineurs, alors qu’il s’agit pourtant d’un médium aux multiples potentialités. Mais il ne faut pas oublier que la bande dessinée est un art étudié en tant que tel. Ni dessin, ni littérature. Il faut le concevoir non comme une addition des deux mais comme une fusion. Ainsi elle dépasse la définition de littérature comme « ensemble des œuvres écrites auxquelles on reconnaît une finalité esthétique » (Larousse) car la bande dessinée n’est pas que textuelle, elle est aussi visuelle. Bien qu’elle vise le plus souvent une finalité esthétique, son but est bien souvent informatif comme l’indique la définition de Scott McCloud : « une forme d’expression constituée d’images picturales et autres, volontairement juxtaposées en séquences, destinées à transmettre des informations et/ou à provoquer une réaction esthétique chez le lecteur » L’Art invisible, 1993.

Comme tout art elle a ses propres codes et ses traditions. Comme tout art elle a ses grands auteurs et ses récompenses. Comme tout art elle se divise en catégories, genres et registres. Elle fait également l’objet d’une étude complexe. L’histoire de la bande dessinée n’en est qu’à ses débuts mais quelques spécialistes s’y sont déjà essayés. L’Art de la bande dessinée[1], publié en 2012 par la prestigieuse maison d’édition Citadelles et Mazenod, témoigne une fois de plus de la reconnaissance progressive de la bande dessinée parmi les arts.

Depuis 1964 la bande dessinée est plus ou moins officiellement reconnue comme neuvième art et ce grâce à un article de Claude Beylie: « La bande dessinée est-elle un art ? » (Lettres et Médecins). Elle perpétue ses affinités avec la littérature par un échange réciproque de procédés rhétoriques. On notera que réussies ou non les adaptations de classiques littéraires en bande dessinée constituent une nouvelle œuvre et non une simple réécriture tant l’apport est significatif.

[1] Pascal Ory, Laurent Martin, Jean Pierre Mercier et Sylvain Venayre, L’Art de la bande dessinée, Citadelles et Mazenod, 2012.

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