Petites anecdotes d’outre-Manche !

Comme le master vous l’a appris ces dernières semaines, nous revenons de nos stages ! Vous avez pu entendre parler des merveilles qui regorgent la librairie Shakespeare and Company à Paris, des découvertes historiques sous le soleil grec, de la librairie Quai des Brumes à Strasbourg ou encore des secrets de la culture canadienne. Moi qui ai eu la chance de faire mon stage à Londres, une ville avec un passé littéraire si chargé je vais donc vous parler … d’Oxford !

Lecteurs de fantasy, peut-être mes révélations n’en seront pas néanmoins restez avec moi pour que je vous compte mes découvertes sur la petite mais prestigieuse ville d’Oxford.

La première de ces révélations fut en réalité faites à Londres, dans les salles de lecture très guindées de la British Library à Londres, quand je découvris l’existence des Inklings. Les Inklings sont un fameux groupe d’écrivains qui se réunissaient dans un pub, The Eagle and Child à Oxford tous les mardi soirs, pour défendre le genre fantastique ou se lancer des défis ayant plus ou moins attrait à la lecture. Ce pub fut témoin de la naissance des deux plus grands chef d’œuvre de la fantasy car le club comptait en son sein les célèbres J.R.R. Tolkien et C.S. Lewis qui lisaient à l’époque des passages du Monde de Narnia et du Seigneur des Anneaux aux Inklings.

C’est donc sans surprise que l’auteur, bien qu’irlandais et donc lourdement inspiré des paysages du Nord de l’Irlande, s’inspire aussi des lieux majestueux qu’il fréquente durant ses études. C’est pourquoi on retrouve dans les rues d’Oxford un bon nombres d’éléments cruciaux qui ont façonné Le Lion, la sorcière blanche et de l’armoire magique.

C’est en « m’invitant » à une visite guidée, que je découvris que malgré tous le génie de l’écrivain, il n’avait tout de même qu’à se planter devant cette porte-là, avec ces encadrements-là, pour avoir deux de ses personnages principales. Vous reconnaitrez donc sur la porte Aslan, le lion et roi de Narnia et M. Tumnus, faune dévoué à Lucy Pevensie. Cette porte est celle qui mène au Brasenose College et qu’il voyait à chaque fois qu’il se rendait au pub après les cours qu’il enseignait au Magdalen College.

Et puisque l’auteur est un sentimental, devant cette porte il a tourné la tête et vu ceci et n’a pas pu s’empêcher de l’ajouter à son livre comme vous pouvez le voir sur la deuxième image :

« This is the land of Narnia, where we are now; all that lies between the lamp-post and the great castle of Cair Paravel on the eastern sea. »

―Mr. Tumnus, ‘The Lion, The Witch and The Wardrobe’

Plus récemment, c’est une auteure qui s’inspira de cette ville étudiante. Beaucoup attribue à Edinbourg l’inspiration de J.K. Rowling, ce qui est exact je ne le nie pas, cependant la fameuse scène dans la bibliothèque interdite dans le premier tome de la saga Harry Potter, Harry Potter à l’école des sorciers, vient tout droits des collèges ancestraux d’Oxford. Harry cherche alors des informations sur la pierre philosophale et se rend dans cette « section interdite » quand il tombe sur un ouvrage qui hurle littéralement car une tête en sors, quand il l’ouvre. Ceci est la version améliorée car en réalité cette section « interdite » se trouve derrière la porte que vous pouvez voir dans la photo ci-dessous, et lorsque quelqu’un s’y introduit c’est en fait une alarme stridente qui retentit. Tout aussi efficace pour faire accourir leur propre version de Rusard, un bibliothécaire mal luné, selon les dires de notre guide.

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©Lisa Carré 2017

Une autre salle est utilisé dans l’un des films comme l’infirmerie sous la direction de cette chère Mme Pomfresh. La scène avec les escaliers qui bougent a aussi été tournée à Oxford.

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©Lisa Carré 2017

 

Quant à l’arrivée des premières années à Poudlard, c’est également une parodie de l’accueil des nouveaux étudiants dans leur collège respectif. Tous vêtus dans leurs uniformes, ils sont conduits par petits groupes dans une salle où les attend le directeur. S’ensuit un discours en latin entre le directeur et le chef du groupe, où tous les noms des élèves sont évoqués et où le directeur les accueille brièvement avant de les chasser pour faire passer les deux-milles étudiants suivants.

Pour les afficionados de légende arthurienne, sachez qu’Oxford Castle, un des plus vieux bâtiments d’Angleterre est aussi le lieu de « naissance » du roi Arthur. C’est en effet le lieu où Geoffroy de Monmouth a écrit Historia Regum Britanniae, à la demande du roi Henry I, dont Arthur est un peu la vedette puisqu’il y considère une bonne partie de l’ouvrage. Bien que très lourdement édité, et très peu authentique, c’est néanmoins le début du personnage d’Arthur comme nous le connaissons.

S’il y a une leçon à retenir c’est que tout auteur en panne d’inspiration devrait venir visiter Oxford pour y remédier. Il est vrai qu’en la voyant, il est impossible de ne pas être incité à écrire. C’est une ville d’un incroyable beauté, vibrante et tellement ancrée dans des traditions qui nous paraissent si étranges qu’on se croirait vraiment dans un autre monde… ou une autre époque.

Rédigé par Lisa Carré

Wab Kinew, un auteur au service de la communauté autochtone

Cette année, j’ai eu la chance non pas seulement de faire mon stage chez Mémoire d’encrier à Montréal au Québec, mais aussi de découvrir une toute nouvelle littérature : la littérature autochtone. Poétique, empreinte de culture et d’enseignements spirituels, les éditions Mémoire d’encrier (qui ont fêté leurs 15 ans), dont la volonté est de donner la voix aux littératures les plus diversifiées, ont pris l’audacieux pari d’en faire leur ligne éditoriale. Je vous propose aujourd’hui de découvrir un des auteurs qui m’a le plus marqué.

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Dans la langue de Shakespeare

Des murs recouverts de livres du sol au plafond, de la musique jazz sortant des haut-parleurs, une section dédiée à la Lost Generation, un chat se promenant sur les piles de livres, le son d’un piano résonnant à l’étage… pas de doute, vous avez bien franchi la porte de Shakespeare and Company.

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© Shakespeare and Company

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À la découverte de l’École française d’Athènes : entre archéologie et édition

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Non non, il ne s’agit ni d’une véritable école ni de vacances que j’aurais décidé de prendre sur les bords de plage de la Grèce. Vous l’aurez compris, mon stage s’est déroulé pendant trois mois à l’École française d’Athènes, située dans le quartier Exarchia de la capitale grecque. Il s’agit en fait d’une institution de recherche française basée à l’étranger, elle étudie l’histoire grecque, surtout à l’époque antique, et organise de nombreux chantiers de fouilles dans tout le pays. Elle se compose de plusieurs services dont notamment celui des publications dans lequel je travaille. Ce dernier est chargé de publier les résultats des fouilles ou des études dans des livres, rangés dans diverses collections.

Pas question d’aller bronzer sur les plages ou d’aller explorer les îles des Cyclades, armée de mon code orthotypographique je suis allée affronter les manuscrits. La bataille était rude car il fallait prendre en compte les normes spécifiques à l’archéologie qui comportent des termes étranges. Souvent on se surprend à chercher des mots incongrus dans le dictionnaire pour vérifier qu’ils existent bien. Il faut dire que c’est un domaine de l’édition un peu à part puisqu’il est question d’édition scientifique et historique, on traite donc avec des chercheurs plus que des auteurs, et la diffusion est bien moins grande que dans d’autres secteurs. Mes missions consistaient à corriger des articles, communiquer avec les auteurs et plus généralement : faire en sorte que le texte soit publiable.

L’édition dite scientifique n’a pas toujours l’air du domaine le plus attirant de prime abord. Pourtant il ne faut pas se fier aux apparences car il est possible de faire de très belles découvertes, de rencontrer des gens incroyables et de travailler dans des contextes extrêmement variés, parfois assez fous et toujours très intéressants. Pour ma part j’ai été très bien accueillie par l’équipe, le personnel, voire les archéologues de passage et je garde de ce premier stage un très bon souvenir !

Embarquez pour une visite du Quai des Brumes !

Si pour vous le « Quai des Brumes » n’évoque rien d’autre que le film de 1938 réalisé par Marcel Carné dans lequel joue Jean Gabin, voici une petite mise au point sur ce que ce nom pourrait aussi vous suggérer !

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