Ecrire un roman sur Instagram : l’aventure de Sophie Fontanel

Le concept d’écrire un roman en ligne n’est pas nouveau. De nos jours, publier un livre sur internet ou par le biais d’applications est devenu très simple et accessible à tous. De la fanfiction jusqu’aux histoires aux mondes inventés de toutes pièces, des romans à la bande dessinée en passant par la poésie, on trouve de tout et facilement. Toutefois, certains dispositifs sont plus adaptés que d’autres : on peut penser à Short Édition, à Wattpad, ou même Tumblr. Sur Instagram, réseau social et service de partage de photos et de vidéos, il est possible de découvrir de petites bandes dessinées, que ce soit une histoire unique en une photo, ou en plusieurs épisodes, et même de lire de la poésie. Mais lire un roman sur cette plateforme est rare. C’est pour cette raison que j’ai décidé aujourd’hui de vous faire part d’un projet original et unique en son genre.

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Voltées et électriques : Deux maisons d’édition de genre

Le monde de l’édition indépendante foisonne de maisons d’édition en tout genre qui possèdent des lignes éditoriales bien marquées et parfois spécifiques. Dans les littératures de l’imaginaire et du genre on compte notamment de nombreuses maisons d’édition indépendantes qui proposent un travail de qualité. J’aimerais vous présenter le travail de deux de ces maisons d’édition qui m’ont particulièrement marquée : Les Moutons électriques et la Volte.

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Dans les images de Sandrine Thommen

Allées et venues en Asie

Yôkai !

Aperçu du livre Yôkai ! de Sandrine Thommen et Fleur Daugey, Actes Sud junior, 2017 © Alice Dozier 
ST
© Michael Ingledew

Diplômée en 2010 des Arts Décoratifs de Strasbourg, atelier illustration, Sandrine Thommen crée des images foisonnantes de détails et de couleurs délicates pour des livres jeunesse. Travaillant à la gouache, parfois aux crayons de couleur, l’illustratrice nourrit son dessin de ses voyages et de ses expériences. Elle a notamment vécu en Chine et l’Asie est très souvent mise à l’honneur dans ses images. Dans son dernier livre intitulé Yôkai ! Le monde étrange des monstres japonais, elle peint toutes sortes de créatures issues des légendes nipponnes.

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« De la musique avant toute chose »

Verlaine écrivait ce vers dans son « Art poétique » en 1884, mais avant de parler de lui, prenons Orphée, le poète musicien de la mythologie grecque, celui qui charmait les êtres au cœur de la forêt. C’est un mythe, certes, mais qui finalement nous parle de la relation de toujours entre musique et poésie. Aujourd’hui de moins en moins lue et publiée, la poésie ne pourrait-elle pas trouver en la musique une alliée, capable de la remettre sur le devant de la scène ?

Retour à la Grèce antique où les aèdes récitaient les épopées d’Homère, la harpe à la main. Devant les yeux des riches seigneurs corinthiens s’élevait alors Achille, debout face aux portes de Troie, impassible sous le soleil. Des aèdes grecs au zajal libanais, des troubadours en passant par le Tohourou de Côte d’Ivoire, la poésie a toujours été intrinsèquement liée à la musique. Le chant, affaire de partage ancrée dans de nombreuses traditions, permettait et permet encore une diffusion directe des œuvres : on chante le poème, le public le reçoit et le garde avec lui. Pour les musiciens, il s’agit donc de donner à entendre les textes sans les détourner tout en restant fidèles à leur identité musicale. L’exercice est difficile, mais prisé. De nombreuses études existent sur l’habilité de la poésie à exprimer sonorités, mélodies, variations… Ce qui nous intéresse ici est ce moment d’adaptation où des musiciens s’emparent d’un poème pour le jeter sous les projecteurs. Les exemples sont innombrables, on ne donnera donc que quelques idées de chansons à écouter pour mieux saisir l’hommage aux poètes qu’elles peuvent incarner.

Première écoute : Les poèmes de Jacques Prévert en chansons, celles conçues avec le compositeur Joseph Kosma ou « Les feuilles mortes », monument interprété pour la première fois par Yves Montand en 1946 puis repris en anglais par Sinatra, Clapton ou encore Iggy Pop !

Plus récemment, dans un album intitulé « l’Or noir« aux couleurs de la négritude, Arthur H et Nicolas Repac réalisaient une bande sonore autour de poèmes d’Aimé Césaire ou d’Édouard Glissant.

Pour faire dans l’actualité brûlante, le groupe Feu ! Chatterton a sorti en mars dernier son deuxième album, « l’Oiseleur », véritable invitation au voyage où se glisse la présence amicale de poètes bien connus : Paul Éluard, Apollinaire et Aragon s’invitent ainsi au banquet des oiseaux dans les chansons « Zone libre », « Souvenir » ou « Le départ ».

Évoquons maintenant Léo Ferré et Georges Brassens, deux figures emblématiques de la chanson française. Après avoir chanté « L’affiche rouge » d’Aragon en 1961, Ferré consacra un album entier à Verlaine et Rimbaud. Brassens, quant à lui, écrivit en 1953 « La ballade des dames du temps jadis », chanson tirée du recueil « Le Testament » de François Villon. Attaché aux poètes, Brassens se défendait pourtant d’en être un lui-même dans son célèbre entretien avec Brel et Ferré en 1969 : « Je ne sais pas si je suis poète, il est possible que je le sois un petit peu, mais peu m’importe. Je mélange des paroles et de la musique et puis je les chante. ». Savant mélange alors, mélange qui donne à la poésie une autre forme, faisant de l’album une nouvelle forme de recueil. Exercice difficile qui oblige parfois à se battre pour obtenir les droits d’auteurs, comme ce fut le cas pour le groupe des Têtes Raides qui dans leur album « Corps de mots » reprenaient des textes de nombreux poètes comme Artaud, Lautréamont ou Desnos.

Les poèmes mis en chanson permettent de retrouver l’oralité première de la poésie, de mettre en valeur sa musicalité propre et de redécouvrir des poètes jusqu’alors délaissés. Aujourd’hui écrite ou revisitée pour être clamée, déclarée, chantée, une véritable  mouvance musicale se fonde sur un retour aux sources orales du genre. Mots et mélodies se répondent, se nouent pour créer de nouvelles œuvres à la croisée des influences. Les recueils relégués au fond des étagères et lentement recouverts de poussière peuvent au travers des chansons reprendre la lumière. Sans hésiter, entamons donc le voyage-hommage et partons chercher aux côtés d’Arthur H, de Nicolas Repac et de tous les autres « le sucre du mot Brésil au fond du marécage ».

L’influence des communautés de fans sur l’expansion et la diffusion des Visual Novels en France

Étant une grande fan de jeux vidéo, j’ai décidé de vous en apprendre un peu plus sur un genre peu connu en France : le Visual Novel. Très populaire au Japon, le Visual Novel est une catégorie de jeux vidéo qui mêle la lecture à l’interactivité. Souvent constitué d’un scénario et de nombreux dialogues articulant l’intrigue, le Visual Novel est souvent construit sur la base d’images d’arrière-plan, qui changent en fonction des choix effectués par le joueur. Au premier plan apparaissent les différents personnages ainsi qu’un encadré de texte qui scénarise le jeu afin de lui donner une dynamique textuelle et visuelle. Cette catégorie, développée dans les années 1990 au Japon, tend peu à peu à s’exporter et à conquérir un public plus large, notamment grâce aux communautés de fans qui se réunissent afin de traduire les différents jeux ou de les faire connaître en France.

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