Découvrez la partie immergée de l’iceberg…

Louis est un ancien charcutier à la retraite. Il vit seul dans son appartement à Toulon et les journées sont longues et répétitives. Pourtant, suite à la rencontre d’un manchot empaillé dont il tombe follement amoureux, Louis retrouve goût à la vie et devient malgré lui une figure emblématique de la lutte contre le réchauffement climatique. Dans La fonte des glaces, le narrateur s’attache à nous montrer l’envers du décor et les pensées de Louis, transformant un personnage paisible et menant une vie routinière en un fervent défenseur de la lutte écologique.

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Bourgeois un jour, bourgeois toujours ?

LesBourgeois_AliceFerney.jpgDans la famille Bourgeois, je demande les parents : Henri et Mathilde, fraîchement mariés au lendemain de la Première Guerre mondiale. Lui en ressort marqué. Il a vu des gueules cassées et a perdu deux frères. Elle endosse le rôle de mère au foyer. Les naissances se succèdent, la famille s’agrandit, l’argent ne manque pas.

Dans la famille Bourgeois, je demande les enfants : Jules, Jean, Nicolas, André, Joseph, Louise, Jérôme, Claude, Guy, Marie. Ils sont dix, nés entre 1920 et 1940 : c’est la génération d’entre-deux guerre. Leur enfance : le krach boursier de 1929, la Grande Dépression, le Putsch d’Hitler, la montée de l’antisémitisme, enfin : la Seconde Guerre mondiale. Puis, les guerres d’Indochine et d’Algérie, la société de consommation. Les garçons font carrière dans l’armée, la médecine, le commerce, le droit. Les filles se marient et font une croix sur leurs rêves (pas de carrière de chanteuse professionnelle pour Louise, au lieu de cela : six enfants).

Dans la famille Bourgeois, je demande les petits-enfants : ils sont quarante (je vous passe l’énumération). Ils vivent pour certains dans le 16e arrondissement de Paris et se sont mobilisés en mars 2016 contre l’ouverture d’un centre d’hébergement dans le quartier. « Bois de Boulogne = Calais » lit-on sur les pancartes.

Enfin, dans la famille Bourgeois, je demande les arrières-petits-enfants. Le débat de 2012 sur le mariage homosexuel, c’est leur époque. Nul doute que certains sont descendus dans la rue lors de la manif pour tous (la famille c’est sacré tout de même).

C’est bon, vous voyez le tableau ? Bien, je passe à mon propos.

Vous l’aurez compris, dans Les Bourgeois, publié chez Actes Sud, Alice Ferney retrace l’histoire d’une famille… bourgeoise. Le mot d’ordre : Église, patrie, famille. Pilule contraceptive ? Non merci, les enfants sont un cadeau de Dieu. Le procès de Pétain ? Quelle honte, c’est un héros national ! Le départ précipité de la famille juive du voisinage ; la catastrophe d’Hiroshima ? « On ne parlait pas de tout cela », explique Claude au narrateur, un proche de la famille. Et pour cause ! Chez les Bourgeois, la « tenue » est de rigueur : on ne montre pas ses sentiments et on ne parle pas des sujets qui fâchent (exit les débats de Mai 68, on les condamne fermement). Seuls quelques-uns vont refuser ce mode de vie et seront « pour toujours les rebelles de la famille ». Le narrateur quant à lui ne prend pas vraiment parti, il observe et rapporte la vie de cette famille avec une certaine tendresse.

Sous couvert d’une saga familiale, Alice Ferney nous donne une leçon d’histoire et de sociologie. Et quelle leçon ! Les références historiques abondent de même que les allusions à des personnalités politiques. Cette abondance de dates et de noms doit permettre au lecteur de contextualiser les faits et d’en apprendre plus sur l’époque en question. Aux dates historiques se mêlent les dates importantes de la famille. Ce procédé permet d’ancrer l’histoire des Bourgeois dans l’Histoire avec un grand H, mais les grands sauts non chronologiques dans le temps peuvent rendre la lecture de certains passages difficile. De même, les longues énumérations à répétition peuvent parfois un peu noyer le lecteur. La lecture est cependant aidée par la plume fluide et agréable de l’auteur, si l’on perd le fil un temps, on le retrouve avec plaisir un peu plus loin. Toutefois, le récit gagnerait à être plus concis en certains passages (le narrateur ne nous épargne pas l’énumération des quarante petits-enfants).

En dressant le portrait de la bourgeoisie conservatrice parisienne, l’auteur a le mérite de nous donner des clés de compréhension du XXe siècle et de notre époque. La force du roman réside en effet dans son aptitude à faire dialoguer le passé et les actualités des années 2010. Et comme le résume le narrateur : « le monde changeait mais les Bourgeois pas tellement ». Bourgeois un jour, Bourgeois toujours.

L’auteur rend cependant compte d’une nouvelle génération qui semble moins souffrir d’un décalage entre leurs valeurs et la société. À l’heure où la tolérance fait notre unité : 11 janvier 2015, marche républicaine suite aux attentats de Charlie Hebdo, « un type tague : « Dieu prix Nobel de la guerre ». En 1919, il n’aurait pas eu le droit de l’écrire. En 1944, il l’aurait dit autrement. En 1984, les fils d’Henri s’en seraient offusqués. En 2015, ses petits-enfants comprennent ce qu’il veut dire ». Une piste de réflexion intéressante que nous donne Alice Ferney pour penser les bourgeois d’aujourd’hui et de demain.

Éditeur: Actes Sud
Parution: Août 2017
Prix: 22€
Pages: 368
Lire ce qu’en dit l’éditeur ici.

Un Gatsby pas comme les autres: la passion des brouillons d’auteurs des Éditions des Saints Pères

The Great Gatsby est l’un de mes romans préférés. Forcément, je l’ai lu, relu, re-relu, en français comme dans sa langue originale, l’anglais, puis, quand je n’en ai plus eu assez, je me suis penchée sur l’univers de F. Scott Fitzgerald comme sur le reste de son œuvre. Et lorsqu’on m’a demandé de choisir un sujet de recherche de fin de semestre en licence, bien sûr, j’ai choisi Gatsby. Le roman de Fitzgerald n’a plus eu de secret pour moi, et je pensais — bien innocemment — qu’il ne pourrait plus me surprendre. Jusqu’à ce que je mette la main sur une édition bien particulière de celui-ci…

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L’ouvrage en question n’est pas une simple réédition ou retraduction de l’œuvre célèbre de Fitzgerald, mais une pièce de collection numérotée, un objet non seulement d’art mais aussi d’histoire : The Great Gatsby dans sa version « embryonnaire », pourrait-on dire. Les Éditions des Saints Pères se sont spécialisées dans la publication de manuscrits originaux de grands textes de la littérature. Cette idée étonnante est née du désir de partager des documents uniques, des brouillons d’auteurs parfois difficiles d’accès et souvent attaqués par l’usure du temps. Dans le catalogue de cette maison d’édition, on compte déjà de nombreux titres, entre autres Alice aux pays des merveilles de Lewis Carroll, Mme Bovary de Gustave Flaubert, Jane Eyre de Charlotte Brontë, Voyage au bout de la nuit de Céline et même Hygiène de l’assassin d’Amélie Nothomb, qui fut la première donation et publication des Saints-Pères. Le format de ces ouvrages est assez imposant : un format sur-mesure immense relié et accompagné d’un solide coffret fait main. Tout a été mis en œuvre pour que la reproduction du texte manuscrit soit la plus proche possible de ce qu’il a été lors de son écriture…et cela fonctionne plutôt bien.

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Derrière l’apparence soignée de chaque ouvrage se cache la réimpression d’un texte brut, parfois écrit à la main, parsemé de ratures et d’annotation, un contenu d’autant plus étonnant lorsqu’on connaît l’œuvre finale qui en est issue. Pour ma part, j’ai été subjuguée par la découverte du manuscrit original du Great Gatsby de Fitzgerald. C’est une lecture fascinante, intimiste ; on y rencontre les hésitations de l’auteur et les corrections de l’éditeur, et on s’aperçoit avec stupéfaction que certains passages sont barrés, éliminés de la version finale ou réécrit complètement. C’est une lecture qui prend du temps car il faut parfois plisser les yeux pour déchiffrer l’écriture pressée de l’auteur, il faut s’adapter aux coupures et aux passages ajoutés dans les marges. Mais le plus intriguant, c’est d’avoir sous les yeux l’écriture même de Fitzgerald, d’avoir les prémisses encore secrètes de ce qui est ensuite devenu un chef d’œuvre : Fitzgerald redevient sous les yeux du lecteur le jeune auteur en devenir qu’il fût lorsqu’il commença à écrire son Gatsby. On découvre la petite œuvre derrière la grande œuvre, transporté dans les coulisses de la création du fameux roman. On imagine Fitzgerald, penché sur sa copie, un crayon à la main, bien décidé à faire de ce texte un grand texte, et qui, mots après mots, fait naître Jay Gatsby et sa villa démesuré.

Le travail des Éditions des Saints-Pères est exceptionnel, par sa qualité comme par l’hommage qu’il rend à la fois aux auteurs et aux éditeurs, les petites mains habituellement invisibles au lecteur. Ce travail a un coût, et il est plutôt élevé, car il faudra débourser une centaine d’euros pour pouvoir s’offrir une copie numérotée de manuscrit. Un (très) beau cadeau pour les passionnés de textes classiques…

Ouvrages Saint Pères

La création du livre comme un rêve, un défi et un plaisir

Il était une fois une petite fille dans une ville entourée de tous les côtés par de jolies montagnes, souvent couvertes de brouillard. Elle aimait nourrir son imagination en lisant des livres. L’atmosphère mystérieuse de sa ville renforçait sa créativité. Elle était souvent sur le toit de la maison de ses grands-parents (son lieu préféré pour la lecture), avec des fruits du jardin et un sac lourd, plein de livres. Elle s’asseyait sur le toit et se plongeait à longueur de journée dans les mondes imaginaires de ses écrivains préférés. Ses yeux parcourant les mots, elle s’imaginait soi-même écrivaine. C’était le rêve faisant rayonner les profondeurs de son âme.

Cette jeune fille, c’est moi. L’an dernier, j’ai touché du doigt l’opportunité d’écrire un article pour un livre et ainsi, mon rêve s’est partiellement réalisé.

Mai 2017, je suis en train de finaliser ma candidature au Master Edition de Strasbourg. Vincent, un jeune homme, originaire de Nantes et passionné par les voyages, me contacte pour être l’ambassadrice de mon pays, l’Arménie, au sein d’un livre européen, une collection d’histoires courtes de 44 pays. Le livre s’appelle Mindful Voices of Europe. Je trouve que c’est un livre unique, un voyage privilégié, une aventure au côté de chaque ambassadeur dans son pays natal.

Selon Vincent, écrire un livre, c’est partager son âme. Et c’est ce qu’il a essayé de faire : collecter des morceaux de chaque pays pour faire ressentir au lecteur que nous, les êtres humains, nous sommes finalement proches les uns des autres, et nous aspirons aux mêmes envies et aux mêmes petits bonheurs.

Il a autoédité son livre. Cette décision se base, selon ses propos, sur le désir d’être indépendant, de ne pas avoir à convaincre un éditeur de l’intérêt et de l’intégrité de son projet, d’être libre dans les choix éditoriaux, de ne pas céder les droits, de choisir le prix juste et de gérer soi-même son plan de communication.

La première phase de son travail a été la sélection des auteurs participant au livre. Il fallait non seulement avoir une faculté de communication et d’expression,  mais également la capacité d’exprimer ses émotions et ses aspirations avec une approche nouvelle. L’auteur doit aussi avoir la volonté de développer une introspection et de partager une pensée positive avec les lecteurs. Il va de soi que l’invitation au voyage et à la découverte des traditions sont primordialles. Partager des valeurs de vie (la conscience, la nature notamment) l’est également. Et, finalement, être anglophone.

Pour Vincent, le point le plus important de ce challenge, c’est la joie d’avoir fédéré environ 50 personnes autour de son projet, toutes prêtes à créer ensemble un livre unique, un livre européen. Il est persuadé qu’il est important d’identifier et de réaliser ses rêves.

Quant à moi, c’était une super expérience : elle m’a aidé à améliorer mes capacités d’écriture, m’a permis de lire des histoires très intéressantes, de voir les pays sous un angle différent, authentique et aussi, de sentir la joie de voire mon texte dans un livre.woman-2827304_960_720

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Pour plus d’information, veuillez visiter le site.

Ecrire un roman sur Instagram : l’aventure de Sophie Fontanel

Le concept d’écrire un roman en ligne n’est pas nouveau. De nos jours, publier un livre sur internet ou par le biais d’applications est devenu très simple et accessible à tous. De la fanfiction jusqu’aux histoires aux mondes inventés de toutes pièces, des romans à la bande dessinée en passant par la poésie, on trouve de tout et facilement. Toutefois, certains dispositifs sont plus adaptés que d’autres : on peut penser à Short Édition, à Wattpad, ou même Tumblr. Sur Instagram, réseau social et service de partage de photos et de vidéos, il est possible de découvrir de petites bandes dessinées, que ce soit une histoire unique en une photo, ou en plusieurs épisodes, et même de lire de la poésie. Mais lire un roman sur cette plateforme est rare. C’est pour cette raison que j’ai décidé aujourd’hui de vous faire part d’un projet original et unique en son genre.

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